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UNE NOUVELLE MODE : LA PHILOSOPHIE ?

Ferry, Sartre...ou Platon, Aristote, St Thomas ?

Par Louis MILLET • Actualités • Dimanche 19/01/2014 • Version imprimable

 

Les cafés philosophiques se multiplient, à Paris et en province. Les "médias" diffusent de plus en plus souvent des émissions où paraissent des philosophes patentés. Un quotidien, qui porte encore le titre de La Croix, consacre souvent des pages à la "promotion" de tel ou tel " penseur ", souvent hostile à la foi chrétienne ; mais il ne parle pas d'ouvrages rationnels, bons et vrais, qui sont des preambula fidei préparant à entrer dans la foi.

 

Dès qu'une personne sait que j'enseigne la philosophie, je suis prié de donner en quelques mots mon "système ", puis ce que je pense de Ferry, de Comte-Sponville, etc. D'autre part, le mot Éthique, jadis réservé aux lecteurs érudits d'Aristote ou de Spinoza, est maintenant dans le domaine public, avec un sens qui ferait lever les bras au ciel par ces philosophes, et par toute la tradition... "Éthique", cela fait plus distingué que Morale, terme abominé, parce que ringard, véhicule d'un ordre moral qu'il faudrait jeter aux orties ! Mais l'éthique des amis de la Sagesse était et demeure un ensemble de réflexions rationnelles, vraies et justes, sur la bonne conduite de la vie, sur le chemin du bonheur véritable, qui est fondé sur la vertu.

 

Il y a quelques décennies, les philosophes "professionnels" se sentaient honteux : les uns se réfugiaient dans la psychanalyse, d'autres dans le marxisme, beaucoup s'engageaient dans la lutte politique, où ils voulaient alors être aux côtés des ouvriers de Renault (Sartre, alors ridicule aux yeux des prolétaires qui le voyaient gesticuler...).

A côté des penseurs occidentaux, les "religions" orientales sont devenues les écoles de vie les plus prisées par l’intelligentsia ; on adule le dalaï-lama, dont le sourire, aussi énigmatique que celui de la Joconde, devrait faire réfléchir ses admirateurs - si, du moins, ils étaient capables de garder encore cette attitude philosophique qu'est la réflexion critique.

 

Il faut donc s'interroger sur cette mode. Toute mode est un phénomène passager ; le vent de l'opinion tyrannique va la balayer comme un fétu de paille, comme de la poussière. Que reste-t-il des pseudo-gloires du XXe siècle, hormis peut-être quelque écho dans les " média " ? Par contre Platon, Aristote, saint Thomas d'Aquin, avec quelques autres, tiennent solides comme des rocs. Si on ne veut pas être emporté par le prochain courant d'air, gardons les valeurs sûres : leur fondement est assuré, parce que c'est la raison humaine, faculté universelle, intemporelle ; l'homme est un animal raisonnable, c'est sa nature immuable, sortie de l'acte du Créateur.

 

Cependant quelque chose doit bien être caché sous cette mode ; tout n'y est peut-être pas mauvais. La mode tyrannique des grands couturiers peut changer, elle peut même devenir impudique, stupide : il reste le fait que le vêtement est propre à l'être humain, qu'il nous distingue, entre autres choses, des animaux sans raison. Il faut donc chercher ce que peut receler cette mode de la philosophie. L'idolâtrie masque et pervertit un besoin profond ; d'une manière analogue les bavardages pseudo-philosophiques restent des témoins, des faux témoins, du besoin de connaître la vérité sur les questions essentielles de notre destinée : que pouvons-nous savoir ? que devons-nous faire ? que pouvons-nous espérer ? (les trois questions proprement philosophiques, selon Kant, et beaucoup d'autres, avant ou après lui). Non pas suivre de vagues opinions, variables selon les époques, mais connaître la " vérité vraie ", c'est à dire la réalité. Or, il y a une philosophia perennis, une philosophie en quelque sorte éternelle (qui résiste au temps, et qui est cependant humaine, rationnelle). Elle nous invite toujours à commencer par réfléchir, en examinant bien ce qui se passe dans notre monde, pour pouvoir le juger.

Il faudra découvrir, ou plutôt redécouvrir par soi-même, par sa raison, quelles sont les réponses réelles aux questions essentielles ; on pourra s'aider de la philosophia perennis (la vraie philosophie, celle qui dure) : elle nous invite toujours à regarder autour de nous, à séparer ce qui passe dans le temps d'aujourd'hui - et ce qui demeure toujours vrai.

 Louis MILLET
AFS 203


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